Bibliographie
« Sapere aude citoyens ! » La faculté de penser, une nécessité démocratique renouvelée
Intérêt : Partiellement inspiré de la conceptualité arendtienne
Auteur/trice(s) : Moine André
Type : Article
Recueil : Collectif, Civitas Europa
Edition : Université de Lorraine
Date : 2026/1 n° 56
Url : https://droit.cairn.info/revue-civitas-europa-2026-1-page-219, accessible le 04/09/26
Résumé :
Certaines évolutions contemporaines invitent à « repenser » les formes que peuvent revêtir les menaces pesant sur la faculté de penser. L’économie de l’attention, les systèmes algorithmiques de recommandation et la diffusion de la désinformation tendent, entre autres facteurs, à favoriser des réponses réactives et immédiates plutôt que des attitudes réflexives et délibératives ; la circulation des idées et, par voie de conséquence, la formation même du jugement en sont affectées. Dans une « démocratie véritable », il ne suffit pas (ou plus) de garantir des droits formels aux libertés d’opinion et d’expression pour assurer les conditions d’une délibération authentique, il importe également, sans doute, de préserver ou de développer les conditions cognitives, éducatives et institutionnelles qui autorisent et incitent chaque citoyen à exercer un jugement autonome. L’enjeu actuel semble être de protéger ou de développer un écosystème favorable à la pensée par la régulation du « numérique », le respect du pluralisme de l’information, la culture du doute et l’acceptation de la complexité, la consécration d’un temps préservé pour réfléchir, l’ensemble contribuant à la qualité de la délibération démocratique. De plus, le désir individuel — collectivement soutenu — de penser apparaît comme une condition essentielle de cette ambition. La préservation de la faculté de penser est ainsi, au vu de la pluralité des atteintes avérées ou potentielles susceptibles de lui être portées, un enjeu central de la réalité et de la survie de la démocratie.
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